LA FAUNE SAHARIENNE

 

Malgré tout ce que l’on peut imaginer, malgré des étendues plus désertiques les unes que les autres, la vie animale est très présente au Sahara. D’aucuns d’entre nous ont pu observer gazelles, hyènes, fennecs, sans oublier les dromadaires et j’en passe… Les vipères des sables, les tarentules ou autres scorpions font également partie du paysage.

Rien de tout ça dans cette histoire, après avoir fait une reconnaissance dans les alentours d’Adrar, nous avions récupéré une bête dont nous ne connaissions nullement l’origine. La capture fut délicate et sans la hardiesse d’un de mes coéquipiers nous n’en serions jamais venus à bout.

Mais la bestiole était là chargée dans une caisse à l’arrière du Dodge 6X6. Nous rentrions bientôt au quartier et pourrions nous renseigner plus, auprès des anciens sur ce que pouvait être notre trouvaille.

Arrivée dans la cour, la caisse fut déchargée avec les précautions requises et déjà un, puis deux curieux s’étaient approchés pour nous demander ce que nous ramenions.

Après avoir évoqué la capture de longue lutte, les questions se mirent à fuser :

    - C’est quoi votre bestiole ?
    - Quelle est sa couleur ?
    - À quoi ça ressemble ?


Bref, la réponse fut :
    - C’est une sorte de mammifère à poils longs qui ressemble un peu au blaireau de nos campagnes françaises.
    - Et comme vous le savez, pour un blaireau, les dents sont devant et il ne s’agit pas d’y mettre les mains
.
    - Comme vous avez pu le voir, de plus il est lourd et, à deux, nous avons eu du mal pour le charger sur le Dodge !
    - Oui, mais là rien ne bouge dans la caisse !
    - Sans doute, il dort peut-être maintenant, après sa capture et le trajet de retour, il a été passablement
       chahuté !
    - Finalement on a réfléchi à un nom, si du moins il n’est pas répertorié, on pourrait pouquoi pas l’appeler
       le blaireau des sables ! Ce qui cadrerait bien avec la région.

L’impatience montant chez nos curieux, l’un d’eux nous dit :
    - Ok vous nous dites tout ça, mais on voudrait bien la voir votre bestiole
La curiosité encore de nos jours est toujours un vilain défaut, mais là nous étions dans l’obligation de montrer notre capture d’autant que d’autres curieux se pressaient autour de nous.

Le couvercle de la caisse fut légèrement entr’ouvert avec précaution et les curieux rassemblés autour, le regard fixé vers l’intérieur, purent découvrir sur un lit de sable, un magnifique blaireau de barbier pas de première jeunesse je vous l’accorde, mais blaireau tout de même dont le manche planté dans le sable montrait une toison généreuse à en faire pâlir un certain nombre. Les curieux en étaient pour leurs frais, mais comme pour toute histoire, il y a souvent une suite et tous ceux qui s’étaient fait piéger par notre BLAIREAU DES SABLES, appelèrent leurs copains pour leur refaire le coup.

Ainsi se sentiraient-ils moins idiots d’avoir été bêtement ridiculisés par un vieux blaireau qui s’ils avaient pu l’entendre leur aurait crié : Ici on rase gratis !!!

Amitiés Sahariennes

Louis Masclet