Jean-Pierre BUSH
Appelé du contingent 62 2/B
80ème Bataillon des Services
puis 110ème Compagnie de Quartier Général

 

Centre d’Instruction du Matériel n° 1 et 2 du 4 septembre 1962 au 20 février 1963
80ème Bataillon des Services et 110ème Compagnie de Quartier Général à Reggan du 21 février 1963 au 13 septembre 1963
186ème Compagnie de Réparation Divisionnaire à Arzew du 14 septembre au 15 décembre 1963

CISM 1
CISM 2
80° BS
110° QG
186° CRD

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Chers anciens, amis Sahariens…

Ci-après, l’extrait de mon parcours militaire du 4 septembre 1962 au 31 décembre 1963.
Je fus incorporé le 4 septembre 1962 au Centre d’Instruction n° 1, caserne Richemont, à Montluçon (Allier).
Après un mois de classes, je fus envoyé au CISM2, (Centre d’Instruction du Matériel n° 2), Quartier Diettmann, à Lunéville (Meurthe et Moselle).
Le 21 décembre 1962 je passais avec succès le Certificat Pratique (C.P.1) d’aide Mécanicien auto. La formation de spécialiste me permit dans le même domaine d’obtenir le C.P.2 le 29 janvier 1963.
Je possède toujours les certificats de stages signés par l’Ingénieur en chef de 2ème Classe Zeller, commandant le CISM2.
Au bout de ces quatre mois, nous eûmes le privilège de choisir de façon très solennelle nos affectations, par rapport aux postes à pourvoir.
Évidemment, ceux qui avaient été les mieux notés furent les premiers à choisir.
L’Allemagne avait un climat trop froid pour moi et nous étions encore en hiver !
Je n’étais pas trop partant pour l’Algérie du Nord, le conflit était terminé, mais les opérations de maintien de l’ordre continuaient et la situation me paraissait encore trop sensible.
Lorsqu’il fut question des Territoires du Sud, je me suis dit de suite, c’est pour moi, ce devrait être plus calme, le climat plus chaud etc. …
De plus personne ne s’était jeté sur cette destination !
Je fus donc affecté dans le Sud Algérien, sans savoir quelle serait la véritable destination. Mais comme à Lunéville il faisait -26°C, je me disais que là-bas au Sud, moi qui craignais le froid, je serais beaucoup mieux.
Puis le départ fut annoncé, le 18 février 1963, je fus dirigé vers Le Bourget.
Mais contre toute attente, ce jour-là, l’avion n’était pas au rendez-vous !
Du coup, je me retrouvais au Fort de Vincennes qui se situe derrière le château du même nom, côté polygone pour attendre le départ qui devait être imminent.
Pour moi qui habitais Saint-Mandé Tourelle, à une station de métro de Château de Vincennes, c’était la torture. Si près de chez moi et bloqué ici !...
Je fis le mur bien-entendu, mais il ne s’agissait pas de s’éterniser au dehors, sinon l’avion partirait sans moi et du coup, ils m’auraient bien envoyé en Allemagne, va savoir ???
Le deuxième jour, le 20 février 1963, un Super-Constellation civil nous amenait à In-Amguel avec escale à Alger. J’étais dans les territoires du Sud, l’Allemagne avait été évitée !
La différence de température, n’en parlons pas, vous connaissez ! Personnellement pas de problème j’étais dans mon élément et si, de nombreux arrivants souffraient déjà de la chaleur, pour ma part c’était du mieux.
Après deux jours d’acclimatation à In-Amguel, un Noratlas nous amenait à Reggan.
Je fus affecté au 80ème Bataillon des Services, puis ensuite à la 110ème Compagnie du Quartier Général, ou inversement, suite à la dissolution d’une de ces formations, je n’ai plus vraiment de souvenir là-dessus.
Nous étions logés dans une fillod proche du foyer, il n’y avait qu’une grande place à traverser pour s’y rendre.
Question « job », ce que nous avions à faire était très simple que ce soit en mission ou à l’atelier. La réparation des véhicules était du niveau 2ème échelon. Embrayages, freins, ceci sur Dodge 4x4, 6x6, Jeep et aussi sur un Renault Fainéant, monté en semi-remorque. Les missions extérieures étaient plus du « passe-temps ». Nous faisions du rapatriement de véhicules vers Oran La Séñia, où se situaient des ateliers de reconstruction de camions.
Nous réalisions également le rapatriement des PLBT qui travaillaient pour nous. Plus des missions sans doute moins utiles, histoire de consommer du gas-oil, par exemple aller faire du tir jusqu’à plus de cartouches. Aller également se promener du côté de la vallée des dinosaures. Mais chacun trouvait intérêt, ou pas, à ce style de ballade.
Puis j’eus un souci de santé lié à une déshydratation qui m’amena à l’hôpital de Reggan. Je fus envoyé du côté de Mers-el-Kébir à Ain el Turk à proximité d’une plage. Pour un Saharien, les journées passées à cette plage furent des meilleures, ici on était près de la mer, alors que les copains restés à Reggan, avaient beau scruter l’horizon, la grande bleue n’était pas à portée de vue !!
Pour en rajouter, j’eus un souci de tympan, du fait de plonger sans précaution du haut des falaises pour voir les voitures jetées dans la mer par les « Pieds-Noirs » avant leur départ pour la France.
Puis après ce séjour de repos, retour à Reggan en avion… !!
Ce retour avion ne favorisant pas mes problèmes de tympan, je fus admis aussitôt à l’hôpital de Reggan. Je me retrouvais donc tout seul et provisoirement je devins planton de service et chauffeur de l’aumônerie. Finalement ce fut fabuleux, le rêve, j’accompagnais l’aumônier dans toutes les unités où il allait dire la messe et avec la 2cv de service les ballades dans les palmeraies se succédaient au rythme de la mission apostolique du brave prêtre.
Malheureusement cette planque ne dura pas !
Pendant ce temps, mes collègues partis en mission dans le Nord y restèrent. Pour eux Reggan c’était fini !
Je repris l’avion le 14 septembre 1963, pour les retrouver. Ils étaient en poste dans la région de Mostaganem Arzew, tout à côté d’un petit aérodrome civil style aéro-club. Sur ce terrain se trouvaient quelques hangars, dans lesquels de l’essence était stockée en quantité, sous forme de fûts de 200 litres, et le bâtiment de notre cantonnement.
Ici, que des gardes répétées pour la protection de ces fûts. Ces gardes n’avaient rien à voir avec celles de Reggan, malgré les miradors à l’identique c’était beaucoup moins sympathique et si à Reggan le camion citerne qui nous servait de piscine pendant le service, nous était d’un confort extrême, il n’avait pas suivi jusque là !
Malgré tout, nous faisions des missions de transport en convoi, j’en profitais pour souvent m’installer dans le camion (LOT 7) ce qui n’était pas déplaisant.
Je suis donc resté à la 186ème Compagnie de Réparation Divisionnaire jusqu’au bout, ce que j’ai pu vérifier sur mon certificat de bonne conduite, situant parfaitement le secteur postal en question.

Malheureusement, malgré mes recherches, je n’ai jamais pu trouver cet endroit sur une carte. Si vous avez l’info, je suis preneur.
Le 16 décembre 1963, ce fut « LA QUILLE ».
Départ vers l’hiver, le froid.
Embarquement sur le «
Sidi Mabrouk », un vieux bateau de 1948 appartenant à la SGTM.
Le voyage se fit dans les conditions les plus difficiles par mauvaise mer bien entendu ! Marseille à l’horizon où nous débarquons, puis le train paquebot pour Paris.
La suite, la « PERM » du libérable du 19 au 31 décembre 1963, fini le service militaire. Le souvenir des pistes de Reggan si longues…si longues !
Le souvenir d’un officier, un type formidable, ancien Capitaine parachutiste, on l’aurait suivi partout, je ne me rappelle plus de son nom, mais sa Jeep portait l’identification « KIKI GO », peut-être un ancien se souviendra de ça.
Puis récemment, grâce au 3ème Groupe de Transport, j’ai retrouvé la piste de Reggan et les souvenirs me reviennent un peu plus chaque jour !!!

Jean-Pierre BUSH - Octobre 2009

Un sortie à la vallée des dinosaures
La chambre et les douches
Un GLR
Deux sortes de fillods
Une garde
Inconnu
La fête
Derrière : les douches
Devant la chambre
Les douches
Les fillods
Un décollage de Noratlas
Un dob
La palmeraie


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