Pierre VIET

appelé du contingent 61 1/C
13ème C.O.M.A. Subsistances *
Service de l'intendance

* 13ème C.O.M.A. : Section de Commis Ouvriers Militaires Administration

 


Médaille de la Défense nationale échelon bronze
avec agrafes « défense » et « essais nucléaires »

 

Les photos et légendes sont de Pierre VIET

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Incorporé le 3 mai 1961 à Angoulême, au Centre d’Instruction de l’Intendance n° 2, je passe mon permis de conduire V.L. et P.L. à Tanaïs près de Bordeaux.
Ensuite, mutation de septembre 1961 à juin 1962 à Issy-les-Moulineaux à la 1ère C.O.M.A. où je suis affecté au service de liquidation des pensions militaires à Paris et au Val d’Or à Suresnes.
J’effectue les manœuvres pré-A.F.N. à Mourmelon du 15 au 25 juin 1962.
Nous partons de Paris – Gare de Lyon par le train pour l’Algérie, via Marseille Sainte-Marthe le 10 juillet, où nous attendons un bateau pendant 5 jours.
Nous embarquons le 16 et nous arrivons à Alger le 17. De là, nous sommes dirigés vers le camp de transit de Béni-Messous. Tout notre groupe se porte volontaire pour le Sahara en vue de rester ensemble. Souhaits exaucés puisque mon ami Blanchet est affecté à Colomb-Béchar et moi à Reggan, j’effectue mon baptême de l’air le 27 juillet en Noratlas, entre Blida et Reggan-Plateau à la 13ème C.O.M.A. Quel dépaysement !
Grâce à mon ancienneté, je choisis les subsistances. Nous gérons les stocks (viandes, légumes secs, tabac, vin, farine, etc.). Les légumes frais et les alcools étant contrôlés par les économats. Enfin, je peux me consacrer à mon métier de « riz-pain-sel »
**.
Nous sommes rassemblés à une vingtaine de soldats (boulangers, bouchers, magasiniers, chauffeurs, détachés de la base aérienne et service des économats) dans une «Filliod». Qui se souvient de ces baraquements en tôle et de ces humidos, du dessablage, de son paillage et de toutes les entrées de porte ? Avec le vent, le sable entre partout. Quelle calamité ! Et quelle chaleur !
Je suis sorti du camp une seule fois en 6 mois : au pas de tir (quelques dunes de sables) pour un entraînement à la carabine U.S.M.A.
Enfin une bonne surprise : au mois d’octobre, mon ami Blanchet arrive sur le site, pour le poste de boucher. Changement de décor : plus de réfectoire, mais, un bon dîner journalier chez les frigoristes.
Quelques souvenirs : la corvée qui m’incombait, était le lavage des cuves à pinard, 6 000 litres, en caleçon de bain et par un trou d’homme, la cuve était ouverte 24 heures auparavant, à cause des gaz. Malgré cela, j’en ressortais à moitié ivre.
Le troc consistait à échanger entre les autochtones (P.L.B.T. : travailleurs civils) et nous, le bois pétrifié, les roses de sable, les scorpions et quelquefois un fennec contre : cigarettes, farine, riz, couscous ou conserves.
Qui se souvient des pastilles de sel contre la déshydratation à l’entrée des réfectoires ?… du cinéma en plein air ?… des chariots élévateurs ensablés ?… de la turista, du mal de gorge ? (j’ai gardé le mien 3 mois) : un bienfait de nos bons vieux humidos.
Pour Noël, l’adjudant nous offre un bon quartier de bœuf, le boni du boucher, pour nous préparer à la quille.
Encore 8 jours de patience ! Et le 2 janvier, nous embarquons à bord d’un avion de ligne pour l’aéroport de Maison-Blanche. Une balade en camion nous amène à Maison-Carrée en attente, encore, d’un bateau que nous prenons le 6 à Alger.
Après le débarquement à Marseille le 7, un train militaire nous attend pour rejoindre Paris – Gare de Lyon et je me retrouve enfin dans ma famille le 8 janvier 1963 !
Malgré ce climat et cette solitude, c’est une vie sans histoire, sans discipline et surtout sans garde.
Et tout cela avec un titre de pupille de la nation en poche ! Mais j’ai vu le Sahara !!!


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« Riz-pain-sel » : surnom donné aux membres de l’Intendance

 

Centre d’Instruction
de l’Intendance n° 2
à Angoulême

Contingent 61 1/C
3 copains


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1er C.O.M.A. à
Issy-les-Moulineaux



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13 ème C.O.M.A. à
Reggan

 

La « Filliod »,
un détaché de la base aérienne
avec Pierre VIET à droite

Georges BLANCHET
et Pierre VIET
Georges BLANCHET
et Pierre VIET
au centre

Le détachement des subsistances
avec Georges BLANCHET au milieu



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Aujourd’hui,
marié, 3 enfants
et 7 petits-enfants

 

J’aimerais retrouver Antoine CONFORTO, RIMBAUD, Jean-Pierre LABORIE, tous les 3 du C.I.I. n° 2 d’Angoulême.
Jean-Pierre CHAYRIGUET de la 1ère C.O.M.A. d’Issy-les-Moulineaux qui travaillait à la liquidation des pensions militaires au Val d’Or à Saint-Cloud, comme Jean-Jacques DECONINCK.