LE MARABOUT D’AZARAFIL


Vu du ciel, c'est un tout petit point blanc.
Il se situe à l'Est de la petite palmeraie d'AZARAFIL, au Sud de Reggan-plateau.

Photo Jean BELLEC (1)

Merci à Jean pour cette belle photo de la palmeraie.

En partant de la palmeraie, il fallait faire une à deux heures de marche, sinon plus, pour l'apercevoir. Puis, savoir profiter ça et là, de la magie, des couleurs du désert qui modifie à chaque pas le paysage.

Il se situait dans l’axe Est des monticules que vous apercevez sur la photo de Jean. (Sur la gauche).

Photo Alain BROCHARD

Le satellite permet de deviner ce petit marabout, presque de voir sa coupole blanche perdue dans un couloir de sable où le repos éternel s'illustre par l'espace environnant.
Si grâce à « Google Earth » vous vous avancez jusqu'à sa porte, il vous faut vous en approcher simplement, doucement, sinon vous pourriez ne pas l'apercevoir.
Il est visible, (en agrandissant légèrement) sur l’image de Google présentée.

Photo Google Earth

Un certain nombre d'entre nous en poste à Reggan, s'y sont rendus. Différentes photos en ont été faites, mais curieusement, la plupart des vues ont été prises de l'extérieur du monument. Sans doute respect de la part des visiteurs, ne souhaitant pas photographier l'intérieur, ou n'ayant pas voulu publier ?

Avec quelques copains, fin 1963, nous y sommes allés.
À partir du centre vie de Reggan-plateau, il fallait faire quelques km à pieds pour s'y rendre.
Vous ne le répéterez pas, mais nous pouvions sortir discrètement de la base (Reggan-plateau) par un trou aménagé dans les barbelés à l'Est de la villa du Commandant du site.


Photo Claude TIHAY
Merci à Claude pour sa photo de la « Villégiature » du patron du CSEM.

Puis direction plein Est et après avoir cheminé dans le reg et les dunes.
Sortis des « contreforts » du plateau nous pouvions apercevoir au loin cette petite construction tout de blanc vêtue, dominé par un dôme.


En arrivant sur place, il y avait une tombe peut-être deux sur la gauche du bâtiment. Sans doute un des proches avait-il été inhumé près de l'ancêtre ?

Photo Alain BROCHARD

Une porte de bois était posée en travers de l'entrée du marabout, comme si l'accès en fut quelque peu protégé !

Une fois la planche déplacée, la première impression à l'entrée de ce petit mausolée, était la fraîcheur qui régnait à l'intérieur.

Un couloir d'accès invitait le visiteur ou le pèlerin à entrer dans le bâtiment.
Petit cheminement comme pour se fondre dans l'esprit du lieu !

Le bâti réalisé en toub était en parfait état et ne montrait aucune trace de dégradation du temps ou du fait de visiteurs indélicats.
Le sol était de sable tout naturellement !

La construction semblait être entretenue, au mieux.

Photo Alain BROCHARD

La salle mortuaire se situait à gauche au bout du couloir.

La sépulture du SAGE était dans un parfait état de conservation.

Photo Alain BROCHARD

Les draperies protégeant la dépouille du défunt étaient d'un tel éclat, que cette tombe, paraissait très bien entretenue.

« Un pèlerinage s'y rendait une fois par an », précise Jean BELLEC (1) dans son texte.
Et pourtant si loin d'un point de vie, les visiteurs n'étaient sans doute que les intimes de ce lieu !
Ce marabout, nous montrait qu'au plus profond d'un désert, la mort n'est pas une rupture absurde, mais tout simplement une continuité de la vie.

« Celui-là n'est pas mort
- même si la mort croit l'avoir tué-
Quand sa pensée, avec toute sa force
Et sa sagesse, demeure
Vivante près des vivants. »
Poème du désert

Puis après cette visite auprès de cet inconnu, (aucune inscription n'indiquant quoique ce soit) nous sortions sans un mot. Retrouvant l'extérieur qui se révélait par un fort contre jour, marquant le retour vers le soleil illuminant de ses pleins feux les alentours. Choc du retour à la réalité, comme après un passage dans la paix d'un au-delà toujours omni présent.
Quand la sérénité reste de mise, telle que montrée par ce simple marabout, petit joyau de ce point perdu dans les sables, demeure pour la nuit des temps d'un « Vénéré ».


Photo Alain BROCHARD

Mais qui pouvait être inhumé en ces lieux, sans doute quelqu'un pourra-t-il un jour nous donner la réponse ?

Alain BROCHARD Novembre 2009

 

PHOTOS DU MARABOUT PAR DIFFÉRENTS AUTEURS

Photo retrouvée par Gérard LACOUR,
En place sur son site (2), également sur le site du 3ème Groupe de transport, lien : Historique de Reggan, elle daterait de l’époque de la construction de la base. (1957
)

Photo : Jean BELLEC (1961) (1)

Photos : Bernard ARRIGNON (1963)

Photos : Christian GÉRAULT (1963)

Photos : Hubert LÉTENDARD (1964)

Photos : Christian BROT (1964)

 

 

(1) Voir le site de Jean BELLEC
(2) Voir le site de Gérard LACOUR

 

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